On the road

J15 – Conflans-sur-Loing à Châtillon-sur-Loire



Aujourd’hui, nous nous sommes réveillés à 8h après un sommeil bruyant (les sangliers qui font uik uik). En me réveillant, j’eus une soif intense et décidai de boire l’eau durement économisée depuis la veille. Horreur ! Mes deux litres d’eau étaient vides ! Papa avait tout bu. Je lui en voulus pendant plusieurs heures.

Après ce regrettable accident, nous nous arrêtâmes au Super U. Je m’achetai une salade Sodebo, un Pepsi et des Dragibus. Je revenais tout guilleret après avoir été aux toilettes, et marchais gaiement vers mon délicieux repas, avec une démarche qu’on pourrait qualifier d’atypique.
Arrivé devant Papa, il me regarda d’un air ébahi, interloqué. Alors, il me dit d’une voix traduisant toute son incompréhension : “Nils, que fais-tu ? Pourquoi imites-tu la démarche de la femme de devant ?” Je regardai derrière Papa : une femme handicapée marchait d’une manière similaire à la mienne, et je me sentis aussitôt affligé d’une honte plus grande que la Russie. J’allais terminer mon repas, qui n’avait plus autant de goût qu’avant.

Une heure avait passé depuis l’épisode le plus gênant de ma vie. Nous arrivâmes devant un barrage, derrière lequel flottait une péniche appartenant à un couple hollandais. Papa et lui parlèrent en néerlandais pendant cinq minutes. Ils nous apprirent que lui et sa femme habitaient sur cette péniche depuis 32 ans, et qu’ils allaient partir au Danemark dans la minute qui suivait.
Nous pûmes assister à la descente du bateau par l’écluse, ce que nous n’avions jamais vu (ni même entendu parler) auparavant.

Pour ceux qui ne savent pas, le principe est tel que l’eau avant la première porte est à un niveau A ; l’eau entre les deux portes est au même niveau A ; l’eau après la deuxième porte est au niveau B. Ensuite, le bateau passe par la première porte, et l’eau est mise au niveau B, en remplissant ou vidant le sas ; puis le bateau, finalement mis au bon niveau, passe par la deuxième porte.

Nous fîmes une pause dans l’herbe avec nos amis les moustiques. Nous partîmes après quinze minutes, car les boutons se faisaient nombreux. Nous nous mîmes alors à chercher un bar. Après 10 km de souffrance, de chaleur, de montées et de problèmes mécaniques (chute de sac pour Liv), nous trouvâmes un bar dans une petite ville nommée Châtillon-sur-Loire. Les habitants étaient des gens incroyablement sociables et drôles : ils étaient FRANÇAIS !

Nous mangeâmes des pizzas préparées par un villageois au grand cœur et aux mains habiles. Ses pizzas étaient DÉ-LI-CI-EUSES ! Un adorable villageois (encore un !) disait à Papa qu’il était le meilleur des papas. Il était super gentil.

Après ça, on a fait une quinzaine de kilomètres, pour arriver dans un champ, cachés derrière des arbres. Devant les arbres se trouvaient des vaches qui nous fixaient. C’était très glauque. Mais aussi très drôle.

Après ça, nous avons mangé un bout de saucisson de la veille que nous n’avions pas fini, puis direction les tentes pour faire un gros dodo !



2 Comments

  • Kurt

    Vous êtes sur le point de franchir le cap mythique des 1 000 km ! Félicitations ! Nous vous souhaitons beaucoup de plaisir et des mollets en pleine forme.

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