On the road

J13 – Arche à Etiolles à Nemours



Ce matin, nous nous sommes réveillés à huit heures trente après un sommeil calme. La veille, on avait installé la tente dans un champ en pensant être cachés des regards indiscrets et, étant donné que l’opération s’était déroulée la nuit, nous avions une visibilité aussi qualitative que celle d’un aveugle. Je me suis réveillé le matin avec une envie de faire pipi. Après avoir arrosé les fleurs, je me retournai et découvris avec stupéfaction que le chemin passait à travers les champs. Une dame cueillait des mûres pour faire une confiture, et un homme promenait ses deux chiens.

Après avoir rangé nos affaires en un temps record, on s’est arrêtés au Franprix. La dame du magasin a sympathisé avec nous (car Liv lui a fait remarquer que sa banane était pourrie de l’intérieur). Ayant remarqué nos vélos, la dame nous a offert des barres protéinées au chocolat pour nous donner du courage. Papa et elle ont discuté pendant quelques minutes, et elle nous a appris des choses : Elle vient du Maroc (Agadir), elle a ouvert un Franprix il y a de cela 25 ans, elle aime beaucoup la randonnée et fait tous les dimanches vingt kilomètres avec son mari dans le bois de Roi (où nous sommes passés).

Après ce petit dialogue, nous sommes partis. La suite de la journée s’est agréablement poursuivie. Nous sommes passés par de superbes chemins sous les arbres dans la forêt, très faciles à rouler. On a aussi vu des cygnes et des oies sauvages, qui étaient majestueux. Seulement, il n’y avait aucun nuage et il faisait environ quarante degrés à l’ombre.

On a fini par trouver un petit café dans la ville de Meulin qui s’appelait « Brasserie de Paris » (de là où on venait). On a pris des cocas et un mocktail pour Anna, un thé glacé à l’hibiscus pour Liv.. Les messieurs qui tenaient le restaurant étaient super gentils, et ils nous ont permis de remplir nos gourdes. Ensuite, on a continué le chemin, et il nous restait encore environ trente kilomètres à couvrir. À un moment, Papa nous a donné du fil à retordre : il y avait une descente très raide dans les bois, et Papa voulait la faire. Une fois terminée, Papa dit que ce n’était pas sur le chemin, et qu’il l’avait faite juste pour le fun. On a dû tout remonter, et c’était désagréable.

On a croisé la route d’un père et de son fils qui, unis dans la détresse, avaient tous les deux crevé. On ne pouvait pas les aider, car on n’avait pas le matériel nécessaire. On a mis la vitesse turbo, mais la vitesse turbo a eu raison de nous : on a crevé deux fois, une fois Papa, et une fois moi. Après ces deux accidents regrettables, on est arrivés dans un petit restaurant à Nemours. Nous avons mangé un délicieux repas, mais bof… Mon burger était trop cuit pour moi, les pâtes d’Anna étaient à moitié cuites, la salade de Papa était juste une laitue, et ne parlons même pas du croque-madame de Liv. Donc, en y repensant, le qualificatif de “délicieux” n’était pas correctement choisi.

De plus, l’ambiance était loin d’être harmonieuse entre les différents employés. Je m’explique : nous avions demandé à notre serveuse une carafe d’eau. Elle avait donc délégué à son collègue (pas très dégourdi) la tâche qui lui avait été demandée. Seulement, sa maladresse le lui a fait oublier. Je suis allé demander à la serveuse pour notre carafe d’eau, et, tout en me servant, elle dit en grommelant: “Il avait qu’une chose à faire et il l’a pas faite, ce con.”

Après ce petit monologue quelque peu mal placé, le collègue (pas dégourdi) nous apporta l’addition. Papa demanda le ticket de caisse. Il répondit : “Je vais le chercher.” Il nous ramena alors l’addition, écrite de sa main. Seulement, l’addition qu’il nous avait donnée ne coïncidait pas avec le repas consommé. Nous repartîmes un peu amusés par l’affaire.

On est ensuite arrivés au camping, chaleureusement accueillis par deux dames très gentilles. Papa, qui ne dit pas seulement : « Pedalieren macht frei ! », ajouta : « Nils, au blog ! »



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