On the road

J19 – Gannat à Crevant-Laveine



Vers 9h (7h pour Papa), après un réveil paniqué causé par l’association du doux bruit de la pluie sur la tente et de nos vêtements, étendus délicatement sur un fil, nous accourûmes pour les récupérer et commençâmes à ranger nos affaires dans nos sacs, à l’abri sous la tente. Papa, qui avait déjà tout fait, était parti boire un café. Une heure plus tard, nous avions rangé nos affaires et nos tentes. Il nous fallut une demi-heure pour remplir nos gourdes, attacher les sacs enveloppés de sacs-poubelle aux vélos, mettre nos ponchos et finalement partir sous la pluie.

Le premier segment fut une immense descente, envers de l’immense montée d’il y a deux jours ; nous découvrîmes alors que, mouillés, les freins marchaient moins bien, et — à nos dépens — qu’ils faisaient beaucoup de bruit (heureusement, quand ils évaporent l’eau en chauffant, ils se taisent et marchent bien a nouveau). La descente se fit dans une cacophonie assourdissante, puis nous eûmes la chance de faire un trajet agréable. Du moins, jusqu’à une fatale crevaison de la chambre à air du pneu arrière de Papa. Papa et Nils changèrent la chambre à air et réparèrent l’autre, percée ; nous y passâmes environ une demi-heure.

Ensuite, alors que Papa partait, suivi de près par Nils, Anna et moi avons fait tomber nos vélos, puis remis nos ponchos, donc ils prirent de l’avance. Une centaine de mètres plus tard, une montée atroce arriva, et Anna est tombée, nous retardant encore plus. Une fois en haut, je vis Nils tourner au loin, et quand nous prîmes le virage, je ne pus le voir à nouveau. Alors, en assumant qu’ils étaient passés par là, nous descendîmes jusqu’à un croisement menant vers la douce rue “Chatpoulin”. Ici, Anna n’ayant plus de batterie, et moi plus de données mobiles, j’appelai Papa pour lui demander par où passer. Il me répondit qu’on l’embêtait à traîner, et raccrocha.

Assumant qu’il ne nous aiderait pas plus, nous sonnâmes — après une sélection très personnelle — à une maison jugée accueillante. Et nous jugeâmes bien : l’homme qui en sortit était très accueillant et chaleureux, avec sa gentille maman qui attendait sur le pas de la porte. Il répondit très clairement à notre requête de renseignement, et nous pûmes alors continuer notre route, passant par Chatpoulin. Nous allions donc, avec Anna, au gré des montées et des descentes, suivant minutieusement les indications et roulant bien sur le bas-côté (l’homme nous expliqua que le mieux qu’il pouvait nous proposer était de rejoindre la départementale au moyen des ronds-points). Nous étions en route pour Vichy, mais celle-ci n’était pas dans nos plans de visite. C’est au camping, la veille, que la gérante nous expliqua que la ville valait que coup, et que nous décidions alors d’y faire un crochet.

Nous avons eu de la chance, car il y avait très peu de circulation et nous ne nous sommes pas trompées de route grâce aux panneaux. Une fois arrivées près de Vichy — Belleville —, le trafic s’intensifia et nous roulâmes sur le trottoir (car il y en avait un à présent). Puis, à l’arrivée d’un rond-point (toujours sous la pluie depuis le début, je le rappelle), nous dûmes demander notre direction à la première maison venue, où deux hommes discutaient sous le porche. Papa, que j’avais appelé juste avant, nous avait dit de les rejoindre au “Fidèle Berger”. En demandant cette destination, je pris l’homme de court, qui vérifia sur son téléphone ; il me donna les explications les moins claires que je n’aie jamais entendues, et je fis mine de comprendre.

Puis, par miracle, Anna et moi arrivâmes à Vichy, à un nouveau croisement (où je ne savais par où passer). Ici, j’ai donné mon vélo à Anna et suis entrée dans le premier bistrot venu ; j’ai demandé pour “Le Fidèle Berger”. La dame m’a gentiment expliqué par où passer, bien plus poliment que l’autre à qui j’avais demandé, cent mètres plus tôt (elle m’avait prise pour une idiote). Alors je fis ce qu’elle m’avait dit, jusqu’à arriver au moment critique : celui de trouver l’avenue Wilson. Nous avons demandé à quatre, peut-être cinq couples ou personnes, et à chaque fois, la même réponse : les gens étaient ici en visite et n’en savaient rien.

Alors, en nous engageant dans une rue au hasard, et en demandant à (encore) une touriste notre chemin, un vieux monsieur fort sympathique nous proposa son aide. Il était d’ici, en balade sous la pluie, et nous expliqua que nous nous trouvions ici même sur l’avenue Wilson, et que “Le Fidèle Berger” était deux cents mètres derrière lui. Alors, en le remerciant, nous partîmes et trouvâmes enfin Papa (du regard, car une vieille femme chic nous expliquait que sa nièce faisait ci et ça en vélo).

Nils et lui mangeaient déjà, et Papa nous commanda notre repas aussi. On en profita pour éclaircir ce qui s’était passé plus tôt : après avoir raccroché, Papa avait attendu 10 min, puis avait envoyé Nils nous chercher, qui rentra bredouille, car nous étions déjà parties. Nous nous sommes tous régalés, et avons pris : pour Papa, deux cafés et une salade parisienne ; Anna, une limonade avec un chocolat chaud et une salade césar ; Nils, un burger poulet-avocat et un coca avec une tarte au citron meringuée ; et moi, une salade césar et un thé noir russe aux agrumes avec une tarte au citron meringuée.

Puis, nous dûmes repartir, sous la pluie, ce qui fut douloureux car nous avions froid, même après avoir été réchauffés par un bon repas et de bonnes boissons. En route, on vit de belles boutiques, une galerie dans le parc magnifique, et de gentilles personnes. Après avoir vu la statue de la fameuse pastille, on quitta Vichy et prit la vélo-route “Via Allier”, suivant l’Allier : la V70 donc. Pendant 30 km, on roula, jusqu’à arriver à Puy-Guillaume, où nous avons mangé respectivement un sandwich, un tacos, un panini et un burger. Nous avons aussi acheté de quoi manger demain matin-midi, car Papa prédit qu’on ne trouvera rien avant un bon moment.

Après 10 km de route au travers des champs, nous avons posé les tentes à un endroit qui déplaît fortement à Nils, et la pluie et les orages vinrent accompagner notre soirée.



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